Vers l’infini, et au-delà ! Session 1 du 28 janvier 2022

Ca y est ! Après plusieurs mois d’échanges et de préparation, le 28 janvier 2022 nous avons lancé Les Labonautes à Oasis 21 en présence d’une vingtaine de participants -Pour plus d’information sur les attendus, les participants, les modalités de travail et le calendrier, reportez vous l’A propos.

Cette première session visait d’une part à se projeter ensemble dans les grands axes de travail du programme, d’autres part à analyser les retours d’une petite enquête réalisée en amont de la session, visant à récolter des anecdotes vécues par les laboratoires d’innovation publique.

Ouverture, théorie, politique : trois axes pour penser le futur des labos

Comment penser une nouvelle étape pour les laboratoires d’innovation publique, sans nous disperser mais tout en préservant un certain niveau d’ambition ? Nous avons proposé que 3 axes soient abordées durant ce programme : le besoin de renforcer l’effort de théorisation des laboratoires d’innovation, leur besoin de s’ouvrir davantage à la fois en interne et en externe, et enfin celui de s’inscrire à un niveau plus politique. Les participants ont débattu en petites groupes des attendus possibles pour chacun de ces axes.

  • (Re)théoriser les labos pour muscler leur action. Certes, il peut sembler contre-intuitif d’appeler les laboratoires d’innovation publique à plus de théorie, alors que l’on attend d’eux des réalisations concrètes ! Pourtant, c’est bien lorsqu’ils parviendront à resituer leur action dans un cadre théorique, scientifique et historique plus large qu’ils pourront agir de façon plus rigoureuse et efficace. Les participants s’accordent pour dire que ce travail de théorisation doit permettre de sortir de la routine, par exemple en faisant connaissance avec de nouvelles théories d’innovation, ou bien en identifiant des sujets sur lesquels il y a un risque d’impasse théorique ; il doit également permettre de mieux se comprendre entre nous, en clarifiant le sens des mots de l’innovation (usagers, prototype, maquettes, etc) pour construire un langage commun ; Il doit permettre aux laboratoires de mieux se positionner, puis de s’orienter, se transformer et clarifier leur nouveau positionnement (par exemple en rendant publique leur « théorie de transformation« ) ; Enfin il s’agit de démystifier le travail de théorisation, et de montrer que le dialogue entre pratique et théorie est de nature à « muscler » durablement l’action des laboratoires d’innovation publique.
  • (Ré)ouvrir les labos pour mieux les positionner. De nombreux témoignages décrivent les laboratoires d’innovation comme des espaces repliés sur un petit nombre de personnes, au sein de l’organisation administrative- alors qu’il s’agirait plutôt d’en faire des espaces ouverts à l’altérité, à la pluridisciplinarité, à des formes nouvelles de coopération en interne et avec d’autres structures en externe. Pour les participants, ouvrir davantage les laboratoires d’action publique signifie d’abord réinterroger leurs finalités, en questionnant celles de l’action publique en général ; c’est aussi identifier et mieux anticiper les points de blocage qui les empêchent de s’ouvrir davantage ;  comprendre pourquoi et comment les inscrire davantage dans les écosystèmes d’acteurs, cartographier ces derniers, imaginer de nouveaux partenariats, penser la géopolitique et les jeux d’acteurs, les visions qui se rejoignent et celles qui s’opposent. C’est aussi voir plus loin, en retraçant les trajectoires professionnelles des laboratoires et les étapes qu’ils doivent traverser, celles des organisations auxquelles ils appartiennent, mais aussi celles des personnes, imaginer les compétences qui pourraient favoriser la création de ces écosystèmes. Il pourrait s’agir aussi de se projeter, et d’essayer de représenter à quoi pourrait ressembler un écosystème d’innovation publique idéal, et quelle place pourraient occuper les labos dans ce nouveau récit, à partir de quels rôles ?
  • (Re)politiser pour mieux questionner le sens de la transformation publique. Parler de politique peu sembler incongru pour des agents publics soumis au devoir de réserve. Toutefois il ne s’agit en aucun cas de les inviter à prendre parti politiquement, mais plutôt de permettre au laboratoire de travailler davantage sur la question des valeurs. Pour les participants, il s’agit d’outiller les laboratoires d’innovation pour qu’ils identifient mieux les visions implicitement à l’œuvre derrière les projets qu’ils doivent accompagner, les espaces et les situations dans lesquels ces phénomènes de dépolitisation se produisent. Il peut s’agir de mieux mettre en lumière les enjeux politiques oubliés ou cachés par des enjeux techniques secondaires, pour les traiter plus en amont des projets. Il s’agit aussi de mieux comprendre comment sortir des « éprouvettes » et définir une stratégie politique plus large. Comment s’outiller -par exemple à partir des travaux de Lindsay Cole -pour mieux discerner à quel endroit on intervient ou en intervient pas, quelles frontières on se donne (par exemple, est-ce qu’on intervient pour améliorer les chambres d’isolement sensés avoir disparu des hôpitaux psychiatriques ou pas ?). Mais il s’agit aussi de  définir les conditions économiques qui permettraient de le faire, ou encore de mieux comprendre les intérêts souvent contradictoires des acteurs présents.

En amont de cette première session, nous avions adressé un questionnaire en ligne aux participants pour s’assurer que notre réflexion partait bien des situations vécues par les animateurs de laboratoires d’innovation et leur écosystème. Trente-deux réponses nous sommes parvenus ! Autant de témoignages qui permettent de mieux comprendre les difficultés vécues par les laboratoires d’innovation en termes de positionnement, de prise de décision, de relation à l’institution…Nous les avons analysés en groupe au terme de la session et tenté de les cartographier.

Les productions issues de cette session

Une typologie des difficultés vécues par les laboratoires d’innovation publique : après la session, nous (Laura Douchet et Stéphane Vincent) avons tenté d’établir une typologie non-exhaustive des situations vécues par les laboratoires d’innovation. Celle-ci est organisé autour de 5 catégories, à retrouver ici.

 

 

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